lundi 12 juillet 2010

Le monde viticole québecois

Commençons donc par le début. Comme je suis du Québec, voire du Saguenay, pays de buveurs de bières imperméables, je me dois de vous expliquer que lorsque l’on parle de se procurer du vin au Québec, on doit obligatoirement passer par une société de l’État, la Société des Alcools du Québec, que les gens d’ici appellent la SAQ. Mais n’ayez crainte, avec plus de 400 succursales à son actif, la SAQ offre beaucoup de choix (plus de 11 700 vins, bières, spiritueux et alcools fins en provenance de quelque 60 pays au cours du seul exercice financier 2008-2009). Fondée en 1971, la SAQ est venue prendre la relève de la Commission des liqueurs de Québec (crée en 1921 dans la foulée de la prohibition).

Pour ce qui est de notre consommation « per capita », mis à part la bière, les Québécois préfèrent le vin à tout autre produit alcoolisé. Ainsi, la consommation de vin atteint près de 78% des parts de marché en 2008-2009. Au sommet, les vins rouges, bien sûr, qui représentent 73% des ventes, suivit des vins blancs 23% et des vins rosés 4%. Bref, on parle ici de 137 millions de litre de vin qui se sont vendus en 2008-2009 et, selon les dernières données de Statistiques Canada, les Québécois consomment annuellement quelque 20 litres de vin. Ce qui est peu en ce qui me concerne, car ma consommation personnelle est plutôt à raison d’une moyenne de 1 à 2 bouteilles par semaine, question de garder la forme ou, si vous préférez, de développer le goût. On tourne alors autour de 50 litres annuellement. Wow ! je m’étonne toujours. Est-ce un problème ? Bof ! pas vraiment...

Côté production locale, les vignerons qui s’affichent au Québec ne sont pas légions, notre climat rendant la culture du vin difficile. Et je ne parle pas ici des difficultés rencontrées pour promouvoir les produits au sein de la SAQ. Selon L’Association des Vignerons du Québec (A.V.Q., créée en 1987), on dénombre une cinquantaine de producteurs qui œuvrent dans le monde viticole. Il faut voir que c’est un univers qui demande beaucoup de courage et une bonne sélection de variétés de vignes à période de croissance très courte (climat oblige), combinée à une bonne résistance. En fait, la production d’ici s’apparante pour beaucoup aux méthodes développées dans les pays du nord de l’Europe (i.e. rehaussement des ceps à l’automne pour les protéger du froid et du déchaussement au printemps).

Depuis les 10 dernières années, les vins du Québec gagnent en popularité, du fait d’un meilleur appui de la SAQ –il y a encore beaucoup de chemin à parcourir- et probablement aussi grâce à une plus grande couverture médiatique de la part des chroniqueurs, des journalistes et des sommeliers. Mais, cet accroissement de la demande est essentiellement liée au fait que la qualité des produits offerts ne cesse de nous impressionner et que le savoir-faire de nos vignerons d’ici attire de plus en plus une clientèle qui a soif de découvrir ce qui peut se cacher dans l’univers viticole du Québec. N’en reste qu’à nous maintenant d’aller leur rendre visite.

mercredi 7 juillet 2010

The Wolftrap Western Cape 2009


Pays : Afrique du Sud
Région : Western Cape
Cépage : Syrah 68 %, Mourvèdre 30 %, Viognier 2 %
Fournisseur : Boekenhoutskloof
Pourcentage d'alcool : 14.5 %
WineMaker : Marc Kent
Famille de vin : Sec, corsé et boisé
Code SAQ : 10678464 (16$)

Il présente une robe de couleur rubis profond avec des reflets se situant à mi-chemin entre l'ambré et le violacé. Le nez est assez puissant et arômatique où les effluves de thym, de poivre et de bois côtoient les arômes de fraise, de fruits noirs et de violette. En bouche, l’attaque est franche, la trame tannique est bien constituée et la texture est grasse et enveloppante. Il offre également des arômes de fraises des bois et de cerises. On peut facilement le laisser à la cave pour encore un bon 3 à 5 ans, mais se déguste particulièrement bien maintenant.

C'est un vin qui s'apprivoise lentement et idéalement sur du gibier et/ou de la viande rouge qui dort à peine sur le BBQ. Sec, corsé, boisé, étoffé par des tanins fermes, et assez costaux, on a tout avantage à le servir frais (15 °C) et à lui offrir un séjour en carafe pour l'assouplir un peu plus.

Une excellente découverte issue d’un assemblage de Syrah, de Mourvèdre, et de Viognier, et offert par la maison sud-africaine Boekenhoutskloof, qui nous compose aussi l'excellent Chocolate Block (Code SAQ : 10703412; 42$). Offrant un excellent rapport qualité-prix, le Wolftrap est certes plus plus modeste, mais combien aussi savoureux. Il faut savoir que l’Afrique du Sud peut facilement nous décevoir avec leurs vins, mais, ici, on parle d'un domaine sérieux et qui démontre qu'on peut aussi y offrir de la grande qualité... et à petit prix.

On se trouve ici dans la partie Ouest de l’Afrique du Sud, dans la Franschhoek vallée. Le domaine Boekenhoutskloof « a prononcer Book-n-Howed » (vient des Hugenots qui y établirent un début de vignoble en 1776) a été restauré en 1993 où on y établit un nouveau programme de plantation pour la vigne.

La Syrah et le Mourvèdre proviennent d'un vignoble de Malmesbury, tout juste à côté, tandis que le Viognier blanc provient du domaine en lui-mème. Le Wolftrap est un véritable assemblage du style utilisé dans le sud de la France. Dominé par la Syrah (68%) avec de généreuses proportions de Mourvèdre (30%) et quelques larmes de Viognier (2%), tous les rouges ont fermentés séparément avec la souche sélectionnée Rhône levures. Marc Kent utilise du chêne français et le viognier est assemblé juste avant l’embouteillage. Fait à remarquer, le blanc d’oeuf utilisé pour le collage est à saveur d’amende.
http://www.boekenhoutskloof.co.za
"Dieu n'avait fait que l'eau, mais l'homme a fait le vin." Victor Hugo

De plus loin que je me souviens, du plus profond que ma mémoire puisse me ramener dans les tiroirs de mon adolescence, je crois que j’ai toujours aimé le vin. Que ce soit pour ses saveurs, ses odeurs ou encore pour ses effets enivrants et rassembleurs, le vin semble avoir toujours fait partie de mon quotidien. Je me revois d’ailleurs à 15 ans, dans une de ces soirées typiques organisées par mes parents, où les bouteilles de rouges côtoyaient les fromages aux odeurs d’étable, et où mon père m’adressa mon premier verre en me disant ceci : - l’heure est venue de savourer l’un des plus grands plaisirs de la vie mon fils : boire et manger. Bien sûr, j’avais déjà cru remarquer les amalgames de couleurs, les violets profonds, les reflets bleutés, les rubis claires, en passant par les jaunes pailles et les dorés, mais en plongeant mon nez pour la première fois dans ce verre, je me souviens que mon étonnement fut grandiose, digne des grandes découvertes. J’y aperçu d’abord des effluves de cassis, de violette et de mûres, des notes de cacao et d’épices, puis ces douces prédominances de poivre auxquelles s’ajoutaient des arômes de cuir, de prune et de thym. Comme des parfums de sous-bois subtils. Et j’y découvrit aussi les saveurs d'épices, de cerises et de fruits confits avec cette finale persistante sur des notes de réglisse, de torréfaction et de végétaux. Et que dire de alcool, si non un brin costaux pour mon jeune âge ; des tanins fermes, mais rien de corsés. Mais bon, le mal était fait : l’univers envoûtant du vin coulait maintenant dans mes veines.

Puis, il faut dire que j’ai été pendant longtemps du genre à ne pas en parler pendant des heures avant de goûter un vin, croyant sincèrement que la vérité était au fond du verre, peut-être même parfois on fond de la bouteille. Mais, avec les années, au fil de mes dégustations, de mes rencontres et de mes discussions sur le sujet, j’en suis venu à penser que la connaissance du vin et de tout ce qui l’entoure devenait un impératif pour pouvoir mieux l’apprécier. De même lorsque nous regardons un film, nous aimons reconnaître les acteurs et les réalisateurs, de même le vin cache lui aussi ses acteurs et ses producteurs qui se démènent derrière chaque cru. Et c’est en discutant avec un ami, en fin d’après midi, attablé sur la terrasse arrière d’un bistro, sous un soleil à demi voilé, autour d’une bouteille sicilienne, en soulignant les subtiles détails d’un Nero d’Avola, que celui-ci me dit : - t’as jamais pensé à faire un blog sur le vin? Et pourquoi pas, me dis-je. L’idée avait fait son chemin.

Vous constaterez donc que ce blog ne se prend pas trop au sérieux. Bien sûr, j’aime le vin et j’aime maintenant en parler pendant des heures, mais je demeure dans ce qui se fait de simple, c’est-à-dire le plaisir de découvrir, de savourer et de partager une bonne bouteille entre amis. Bref, ici, pas question de jouer les snobs; je vais écrire simplement sur le vin que je bois et que mon budget peut me permettre de boire. A vous de juger maintenant.